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 Standing in a Storm ¤ NOHLAN

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Andras C. Maleaume
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MessageSujet: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Sam 16 Jan - 20:52



    L'aube.. jamais cruciale, mais toujours significative. Toujours paisible en surface, mais rarement aussi douce. Les nuits et les lunes, elles, demeuraient absolues, qu'elles soient chaudes ou froides, elles n'offraient finalement que le même paysage sombre, la même vivacité, les mêmes sons et silences. Le crépuscule, lui, était traitre. Comme la grosse racine harmonieuse d'un arbre sur votre route, il se confond avec la terre et vous fait trébucher. La chute ne fait jamais aussi mal que lors de vos appréhensions, mais c'est en vous relevant et en examinant la racine que l'horreur prends votre esprit. Là, sous la douce lumière du jour naissant, s'étend un souvenir. Qu'elle soit abstraite ou détaillée, effroyablement ou merveilleusement décrite, cette réminiscence est un coup de fouet dans le ventre. Vous rappelant à chaque aubes quel monstre vous êtes, quel bête vous serait à jamais.

    Ces matins le rendront certainement toujours amer mais il n'oublierais pas qu'une autre journée débute en même temps. Aucunes malédictions n'est bénéfique et pourtant c'est une nouvelle perspective à laquelle il s'est adapté. Souffrir est une taxe qu'il à accepter.
    Alors l'homme se lève et marche, se passe les mains sur le visage, le frictionne légèrement pour le raviver, même si cela parait comme le nettoyage vain de ce souvenir, de son âme. Ses pas le mènent vers la salle de bain, où il recommence son geste avec de l'eau pour une meilleure efficacité. Durant quelques secondes, son regard se fixe dans le sien. Le miroir lui renvoi simplement son image, son visage encore jeune mais dénué de joie, son regard dénué de merveilles et d'éclats. Lui-même reste de marbre face à ce visage dont il connait déjà tous les traits et qui pourtant ne devrait plus être le sien depuis plus d'une décennie. L'enveloppe est neuve, mais la lettre est jaunie et l'encre commence juste à s'écailler. Sans vraiment se prêter à plus d'attention sur soi, il enfila quelques vêtements, puis une veste. Alors que les premières lueurs du jour éclairent doucement l'ambiance, l'homme quitta le pas de sa porte d'une allure rapide.

    L'aurore d'aujourd'hui était particulière. La mélodie était la même mais les paroles étaient différentes. Même si la lumière, la température et l'harmonie ambiante était d'une banalité accrue, la situation pouvait prétendre à bousculer l'habitude. Andras préférait usuellement laisser cela à la nuit, mais la confrontation était assez singulière pour qu'il y prête toute son intention.
    Cela faisait longtemps que ce sentiment n'était pas apparu en lui mais savait-il encore l'identifier. Il était sur qu'il ne s'agissait pas de pitié heureusement, mais était-ce du paternalisme ou juste de l'entraide ? Après tout, son apparence lui permettait de côtoyer la jeunesse, mais son véritable âge le définissait generalement plus comme un protecteur qu'un ami. Lui plus que quiconque possédait assez d'expérience pour guider ses semblables mais se doit-il vraiment d'endosser ce rôle ? Est-il prêt pour cela, mais surtout en a t-il l'envie ? Andras n'a jamais voulu être un exemple mais ce qu'il veut pourtant inculquer montre bien à quel point les choses changent avec le temps.

    En quelques minutes de marche intensive, il se retrouva sur Dorrington Avenue, rapidement son allure le mena devant la maison de l'âme qu'il voulait aujourd'hui aider. Juste après avoir jeté un œil à droite, à gauche, il s'engouffra derrière la demeure à la recherche d'une fenêtre mal fermée. Il connaissait Nohlan depuis un petit moment maintenant et même si leurs rapports n'étaient pas au beau fixe, il n'oublierait pas à quel point il pouvait lui être reconnaissant pour l'aide fournie pour retaper sa maison. Une ambiance de malaise s'était immiscée entre eux depuis quelques temps, la révélation de leur natures communes ayant presque inverser les rôles. Le seul cadeau qu'il peut lui faire et simplement de l'aider à s'accepter avant tout.

    La silhouette aux cheveux ébouriffés s'infiltra doucement dans la maison. Aucunes signes de vies, un séjour si silencieux qu'on aurait pu entendre les mouches volées. L'homme savait des choses, et en était arriver là uniquement pour l'aider. Il savait que Nohlan n'aimait pas sortir les nuits de pleines lunes et qu'il préférait simplement sa cave... ou selon Andras, sa cage. Puisque l'un fuit l'autre, autant aller directement à la confrontation, sans tour de passe-passe, juste discuter, juste écouter. Andras s'assit tranquillement sur le sofa du salon et attendu. Il finirait bien par sortir.

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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Dim 24 Jan - 23:53

A la faveur d’une nouvelle lune la bête en lui trépigne. Elle sait que sa libération est proche et elle griffe l’intérieur de son torse pour que la délivrance soit plus rapide. La douleur qu’elle inflige à l’homme est immense, il voit les minutes s’écouler trop rapidement et l’horizon s’obscurcir, tout comme ses pensées. Il a rempli son estomac pour calmer ce qui gronde en lui mais il se dit qu’il aurait mieux fait de ne rien avaler du tout, la nausée joue au bord de ses lèvres et des frissons courent le long de son échine. Ses pieds nus giflent le plancher en un mouvement ininterrompu. Il sent la terre l’appeler. Il voudrait plonger son nez – ou son museau il ne sait plus trop – dans le terreau humide et s’y rouler pour faire corps avec les odeurs de la forêt. Il a besoin de se délier les pattes, de sentir ses muscles rouler sous sa fou-…

« NON ! »

Un brusque cri de désespoir vient de s’échapper de sa gorge et tremblant il s’agrippe au comptoir de sa cuisine, balayant d’un revers de la main tout ce qui se trouvait devant lui, reprenant difficilement son souffle. Une lumière orangée baigne la pièce d’une atmosphère doucereuse mais il la vomit, comme tout le reste de sa personne. Voilà des années qu’il lutte contre ce qu’il est devenu mais chaque fois il perd un peu plus de terrain dans la bataille pour son âme. Ses aptitudes ont grandit, de même que sa force et la volonté incapable du loup enragé qui hurle en lui. Il voudrait ne plus rien ressentir. Ne plus être tiraillé entre deux hommes distincts et surtout s’alléger de la culpabilité qui le ronge parce qu’il commence à apprécier sa deuxième facette. Combien de fois s’est-il mordu la langue, tant que sa conscience le lui permettait, alors qu’il courrait dans les sous-bois, ivre de la sensation de liberté que cela lui procurait ?

Le regard hanté il secoue la tête et essaye de chasser de son esprit fatigué les derniers lambeaux de souvenirs qui s’y accrochent. Il enlève t-shirt, chaussures et jean puis se traîne jusqu’à une porte. La poignée sous sa main est froide. Son contact désagréable. Et devant le trou obscur et béant qui s’ouvre devant lui le loup se met de nouveau à hurler et griffer. Il refuse de s’infliger ça à nouveau. Pourtant il franchit le seuil de cette maudite cave descend le petit escalier qui le mène à une pièce dénudée après avoir pris soin de bien verrouiller la porte. Les premiers temps il a essayé de l’aménager pour que ce soit plus agréable mais chaque matin de pleine lune, lorsqu’il reprenait conscience, tout était réduit en miettes. Alors il n’a plus touché à rien. De toute façon ça n’a pas d’importance. Il promène un instant son regard sur la pièce dépouillé et un sourire triste tire sur les traits de son visage. Oui ça n’a vraiment pas d’importance. Il lève une main devant ses yeux au moment où des tremblements secouent ses épaules, un feu intense coule dans ses veines et se libère au moment où un rayon de lune frappe sa peau. Il…

Un bourdonnement intense résonne contre ses tempes alors qu’un goût de terre s’attarde sur sa langue. Les cailloux du bitume griffent sa joue et il ne parvient à dissiper l’engourdissement de ses muscles. De ses deux mains il se soulève du sol, tremblant comme un nouveau né sur ses pattes toutes neuves. La tête lui tourne et il se rattrape de justesse au mur. Ses muscles sont raides, il a froid et surtout il sent qu’une partie de lui lui a été arrachée et alors que la veille il s’en serait senti soulagé, il se retrouve cette fois confronté à une tristesse dérangeante. Il monta rapidement les marches, pressé de se soustraire à l’ambiance étouffante de la cave et aussi à nourrir le vide qui l’étreignait. La nourriture avait toujours été un excellent palliatif, et le seul qu’il avait puisqu’il dédaignait le sexe. Il passa dans le salon et lâcha un grognon « Tiens salut Andras » avant de filer vers la cuisine puis il se figea. Sans se retourner il fit quelques pas en arrière, ses sourcils papillonnant de surprise. Il ne s’attendait pas à avoir un visiteur et encore moins ce vieux loup. A le voir très digne dans le fauteuil et habillé –alors que lui ne portait qu’un misérable caleçon- il se sentait bien stupide. Passée la surprise il fronça les sourcils et croisa les bras. Il avait oublié pendant un temps qu’il en voulait au jeune homme. Pour quelle raison ? Eh bien…

« Ca s’appelle intrusion sur une propriété privée. Ou fout le camp de là avant que je t’aide à coups de pied au cul. C’est toi qui vois. Au revoir Andras. » Sur ce il redressa les épaules, fier de sa répartie et reprit son chemin. Maintenant il fallait vraiment qu’il bouffe quelque chose où il allait se mettre à mordre…
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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Lun 25 Jan - 23:40

    A quoi bon vivre si l'on est condamné par cette malédiction ? A quoi bon espérer ? Il n'y aura jamais rien de mieux qui les attendra à l'aube, aucunes gloires, aucunes récompenses. Il n'y a que que culpabilité et désespoir, il n'y a que le haine que vous vous portez, le dégout que vous possédait pour cette odeur de chien qui vous entoure à votre réveil. Il n'y a que de la honte. Vous vous en voulez autant qu'à l'auteur de la morsure qui vous a plongée dans cette horreur. Vous haïssait la lune et la nuit, puis au fur et à mesure c'est l'aube que vous ne supportait plus. Toutes ces choses, Andras les a ressentis au même titre que la douleur de ses premières transformations, c'est un fait, cette malédiction tire le pire de vous, vous fait souffrir aussi physiquement que mentalement. Ce mauvais sort est une torture qui ne prendra pourtant jamais vraiment fin.

    Quelques minutes après s'être déposé dans le fauteuil, il pu enfin apercevoir la raison de sa venue, entrant en caleçon comme si de rien était en le saluant brièvement. Le temps de réaction fut court et sa surprise s'afficha sur son visage. L'expression de son visage n'était pas réellement amicale mais inutile de se demander pourquoi alors qu'Andras venait juste d'entrer par effraction chez lui.


    « Ca s’appelle intrusion sur une propriété privée. Ou fout le camp de là avant que je t’aide à coups de pied au cul. C’est toi qui vois. Au revoir Andras. »

    Il n'en attendait pas moins et ne réagit pas vraiment à cette menace. Il resta figé, assis, le regard dans le vide tandis que son interlocuteur poursuivait lui aussi naturellement son chemin. Le "vieux" loup prit alors son inspiration avant de s'adresser à lui tout en restant immobile..

    " Tu te doutes très bien que je ne vais pas bouger avant qu'on est une discussion Nohlan.."

    Son regard continuait de vagabonder. Il savait que l'autre jeune homme n'était pas naturellement méchant, il était juste affamé, perdu et en colère. Comme le dit si bien le vieil adage, on apprends pas au vieux singe à faire la grimace. Andras était aussi passé par là, lui aussi oui, par cette période où l'on déteste ses "semblables" pour toutes les raisons du monde. Il ne savait juste pas pourquoi lui était précisément fâché avec lui. Après tout, tout allait encore bien quand ils ne faisaient que se fréquenter comme de simples humains. Pourquoi le fait d'être l'un comme l'autre un loup le dérangeait au point de cesser ce début d'amitié qui n'aurait pas été trop prolonger si cela n'avait pas était le cas ? Quelque part, Andras pouvait soumettre des hypothèses mais cela reste toujours plus facile pour lui de chercher la vérité. Peut-être Nohlan avait l'espoir d'éloigner sa nouvelle nature en repoussant les gens comme lui, peut-être considérait-il Andras comme une menace. Dans tous les cas, avant qu'il n'accepte sa présence, faudrait-il peut-être qu'il s'accepte désormais comme il est.

    " Je ne suis pas du genre à faire une démonstration de ma répartie ou de ma force, je veux juste... savoir... pourquoi.. tu t'est éloigné au point de m'éviter avec tant de précaution.."

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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Dim 31 Jan - 23:30

Malgré le mur qui les séparaient maintenant, Nohlan entendait très distinctement le vieux loup installé dans son salon et ses muscles se contractèrent lorsqu’il comprit la détermination dont était empreint Andras. Dire que c’était une surprise de la part du lycan aurait été mentir. Il connaissait maintenant suffisamment le grand brun pour prévoir certaines de ses réactions et se planter comme ça dans son salon pour avoir « une discussion » c’était lui tout craché. Seulement la seule chose dont avait envie Gallagher pour le moment c’était d’aller sa cacher au fond de sa couette et de ne plus jamais en sortir. Il avait l’impression qu’un poids immense pesait sur ses épaules et il ne savait comment s’en débarrasser. La présence d’un intrus dans sa maison ne l’aidait pas et c’est difficilement qu’il trouva ce qu’il cherchait dans ses placards.

D’autant plus que la brusque question d’Andras lui posait un problème de par sa sincérité crue et le manque de réponse qu’il pouvait lui apporter. Il n’aurait su réellement expliquer ce qui l’avait poussé à s’éloigner du loup garou. Il avait été bouleversé d’apprendre que l’homme n’était pas différent de lui mais qu’à son opposé, il maîtrisait très bien la situation alors que lui était paumé depuis 8 ans. Huit années durant lesquelles il avait été incapable de se regarder dans le miroir sans en éprouver du dégoût. Il ne savait plus, qui de l’homme ou de la bête primait et ne plus avoir le contrôle sur sa propre personne était bien le pire qui avait pu lui arriver. Quand il faisait le bilan de toutes ces années écoulées, il se rendait compte qu’il n’avait fait que vivre en surface et avait refusé toute sorte d’engagement. Il se sentait fourbe, même avec ses amis les plus proches. N’était-ce pas des personnes pour lesquelles il n’aurait pas du avoir de secrets ? L’homme qui avait posé ses fesses sur son fauteuil en savait presque plus que la plupart d’entre eux. Et que dire d’Abernathy. La fantastique et surprenante blondinette qui ne soupçonnait même pas un dixième de ce qu’il était.

Soupirant il fit une nouvelle apparition dans le salon, un bol de céréales calé au creux de sa paume. Il s’était donné le temps de la réflexion, mais n’était pas parvenu à quelque chose de satisfait et il se retrouvait tout penaud face à son ancien ami. Il fallait dire que même assis l’homme était surprenant. Impossible d’oublier ses mains gigantesques et ses épaules solides, de même que son regard ardent. Il était à peine plus vieux que Nohlan mais dégageait bien plus de sagesse que ce dernier. Malgré ses ruades le lycan avait apprit à reconnaître certains de ses instincts et son regard qui fuyait celui d’Andras était la soumission marqué d’un mâle d’une meute envers le mâle alpha. S’il n’avait pas été aussi retissant face à lui, il lui aurait sans doute déjà confié tous ses vilains petits secrets, y compris la boîte de chaussures contenant des magazines cochons cachée sous son lit. De longues minutes il resta ainsi à le fixer sans oser parler, remplissant au fur et à mesure sa bouche jusqu’à ce que ses joues soient gonflées comme celles d’un hamster. Puis il avala une partie de la bouillie informe qui stagnait dans sa bouche et articula avec difficultés.

« Che n’aime pas l’imache que tu me renfois… » Postillonna-t-il. Il écarquilla les yeux, surpris par sa propre franchise et avala presque de travers sa bouchée. Sa langue joua nerveusement sur ses lèvres, y goûtant la saveur âcre du lait chaud mais aussi celle plus métallique de la peur. Une boule se forma au creux de son estomac et son appétit coupé il abandonna son petit déjeuner au hasard sur un meuble. Il baissa les yeux sur ses orteils nus qu’il fit danser sur le parquet de chêne, incapable de soutenir les iris incandescents de son pair. Il avait quelque peu conscience que la rage qui l’animait n’était pas dirigée contre Andras mais bel et bien contre lui.

« T’as l’air d’accepter toutes ces conneries comme si c’était normal. Hurler à la lune et tout le bazar. Sans parler de ces abrutis qui ont tellement peur pour leurs miches qu’ils vont se mettre à nous courir après avec leurs fourches. M’enfin c’est pas moi qui leur en voudrait. Des bêtes comme nous ça devrait pas exister. »


[dsl je t'ai vachement fais attendre Embarassed ]
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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Mar 2 Fév - 18:22

    Nohlan ne sembla pas vouloir ou peut-être pouvoir, répondre à la question. Cette seule petite question résumait parfaitement tout le malaise entre eux, et sa réponse ferait certainement beaucoup de bien si elle était révélée. Malgré son âge, Andras n'était pas réellement habitué à côtoyer ceux qu'il pouvait nommer "ses semblables", son exil lui avait fait oublier tous les codes sociaux, toutes les manières d'être poli et surtout toutes ses capacités à comprendre mieux les autres. Là, assis sur ce fauteuil, le regard dans le vide, Andras ne comprenait juste pas pourquoi l'un des leurs se cachait derrière un mur de cette manière. Ce mur qu'il pourrait briser comme une baguette s'il le voulait.. Pourquoi ne le voulait-il pas ?

    Les yeux d'Andras ne se portèrent pas immédiatement sur son interlocuteur quand celui-ci revenu dans la pièce, hésitant à rester dans le vide ou se plonger dans ceux de Nohlan. Dans le silence, le vieux loup distingua presque trop nettement les mastications de la mâchoire de son ami mais resta calme. Dix ans plus tôt, ce genre de bruits agaçants auraient fait monter son adrénaline au point de s'énerver pour la moindre miette de plus. En y repensant vaguement, Andras avait fait un sacré chemin depuis ses premières transformations et sa première année en tant qu'homme-loup. A l'époque, sa colère et sa haine étaient si marquées, qu'elles l'auraient forcément empêchées de vivre parmi des humains. Durant ses premières semaines d'exil, le moindre détail qui n'allait pas pouvait aisément le transformer en furie au péril des objets autour de lui. Combien de fois avait-il détruit son camp par énervements.. Combien de fois s'était-il bêtement blessé en frappant la terre et les arbres de ses poings nues..
    Maintenant, après des années de réflexions et de recul, il connaissait enfin les véritables raisons de ses colères amplifiées et pouvait dire, avec la plus grande facilité du monde, que lui-seul en était finalement responsable.

    Il entendu alors son interlocuteur postillonner dans un langage étrange et ne comprit pas vraiment cette phrase. Son visage se tourna enfin vers lui, comme pour entendre la réponse à cette question qui briserait le malaise de la situation. Andras remarqua tout de suite qu'il fuyait son regard, comme si Nohlan prêter finalement assez d'attention à sa nature pour respecter les allégeances naturelles..


    « T’as l’air d’accepter toutes ces conneries comme si c’était normal. Hurler à la lune et tout le bazar. Sans parler de ces abrutis qui ont tellement peur pour leurs miches qu’ils vont se mettre à nous courir après avec leurs fourches. M’enfin c’est pas moi qui leur en voudrait. Des bêtes comme nous ça devrait pas exister. »

    A ses mots, la mine d'Andras se fut encore plus sérieuse et son regard se fixa nettement sur son interlocuteur, d'un bond il se leva aussi calme que furieux. Le discours que son interlocuteur prônait été imbécile, irréfléchi et poussa un peu plus l'agacement d'Andras. .

    " C'est une fatalité Nohlan, pas une maladie. Ça ne se soigne pas, mais ça se domine. C'est le loup qui s'immisce dans l'homme, pas le contraire. Si tu n'arrive pas à faire en sorte que le loup en toi soit ton allié, tu est voué à souffrir.."

    Toujours debout, on pouvait nettement lire un certain goût amer sur son visage..

    "De quel droit dit-tu qu'on ne devrait pas exister ? Qu'on est pas... normaux ?! Hein ? C'est pas une expérience scientifique que je sache, c'est une malédiction qui existe depuis des siècles, alors ne me dit surtout pas qu'on est des abominations."

    Il s'arrêta, reprit une respiration plus lente et plus approfondi en fermant les yeux, tranquillement les battements de son cœur diminuèrent et il fit redescendre la pression. Il ne fallait pas qu'il laisse place à cette colère enfouie..

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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Ven 5 Fév - 21:47


Quel con ! Pensa aussitôt Gallagher alors qu’Andras fermait ses paupières et reprenait son souffle, soustrayant ses iris habités de rage au jeune loup si l’on pouvait parler ainsi. Bien qu’il ne soit pas aussi vieux que son comparse, Nohlan jugeait qu’il avait assez d’expérience pour savoir de quoi il parlait. Andras se sentait sans doute touché sur une part importante de sa personnalité mais il n’en était rien pour le lycan qui lui faisait face. D’ailleurs les paroles d’Andras ne venaient-elles pas d’elles-mêmes semer la zizanie dans son beau pourparler ? Comment pouvait-il à la fois défendre sa nature de loup et l’identifier comme une malédiction ? Ne voyait-il pas là la dualité de son esprit ?

Encore sur les nerfs à cause de sa transformation récente, Nohlan envoya valser son bol de céréales contre un mur adjacent. Ce dernier explosa en milliers d’éclats laiteux sur le plancher dans un bruit de terre cuite brisée. Au calme d’Andras il voulait opposer sa colère. A sa résignation, sa hargne de ne pas se laisser happer par la fatalité. A ses conseils miévreux, sa haine. Oui il haïssait ce corps étranger qui avait pris possession de lui et qui lui volait non seulement une partie de sa liberté mais aussi de son âme. Il n’était plus le même depuis sa première transformation. Ses gestes étaient plus assurés, il se déplaçait souplement sans bruit, il pouvait entendre une conversation qui avait lieu dans une autre pièce et identifier avec précision n’importe quelle odeur. Il y avait même ce lien si ténu qu’il entretenait maintenant avec la nature et qui le poussait à marcher pied nu dans l’herbe ou aller renifler la terre à l’aube d’un orage.

« Pourquoi je tairais ce que tout le monde pense ? Qu’est-ce que c’est si ce n’est pas une aberration de la nature ? Tu trouves normal d’avoir une partie de toi qui t’es totalement étrangère et que tu es incapable de maîtriser ? Tu trouves normal que ton corps ne réponde plus à ta volonté ? Tu la trouves normale toi cette soif de sang, de chair, de mort qui te taraude dés que cette putain de lune a le malheur de pointer le bout de son nez ? »

« Parce qu’on ne va pas se mentir… »
Fit-il en le pointant de son index, martelant ses paroles à chaque fois en heurtant de son doigt le torse du grand brun.

« Tu la ressens toi aussi cette soif. C’est en nous ça tu l’as dis. Comme une putain de lèpre qui nous bouffe le cerveau et nous laisse en compote. On a beau résister, on ne sait jamais si on va vraiment tenir. Alors on fait le vide autour de nous, c’est quand même mieux d’épargner les personnes auxquelles on tient. » Il avait arrêté de marteler le torse d’Andras et faisant maintenant les cent pas alors qu’il déversait une frustration accumulée depuis des années sur le vieux loup qui avait osé briser ce pacte de silence duquel s’était entouré Gallagher.

« Ca fait combien de temps que t’as pas serré une femme dans tes bras sans ressentir une trouille affreuse ? Qu’est-ce qu’elle dirait si elle savait ? Est-ce que son regard changerait ? Est-ce qu’elle pourrait te regarder comme un homme ? Et toi ? Est-ce que tu serais capable de la protéger de toi-même ? Et est-ce que tu pourrais te le pardonner s’il lui arrivait quelque chose ? » Le regard du loup se voila sous l’emprise de ses souvenirs, de ces deux personnes auxquelles il avait ôté la vie et dont le goût du sang parvenait encore à lui arracher un frisson. Et ce qui lui faisait le plus peur c’était que sa partie loup se léchait les babines rien qu’à se remémorer cet instant. Il implosait dans son esprit et envahissait sa pensée. A réclamer. Encore. Encore…
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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Lun 8 Fév - 18:00

Le fracas du bol se brisant sur le mur lui fit aussitôt rouvrir les yeux. Il jeta un œil furtif et froid aux dégâts que son comparse avait engendré; la bouillie de céréales et de lait se rependant sur le sol grossièrement. Rapidement son attention fut envahi par le déversement de fureur des réponses de son comparse, martelant son torse de son doigt comme un bouton qui ne marche pas. Andras ne bougea pas, ne rétorqua pas, il voulait avant tout entendre ce qu'il avait à dire, et bien qu'il aurait préférer que cela soit plus doux, il restait quelque part satisfait que Nohlan donne aussi généreusement sa vision des choses, sans aucunes retenues. Cette même haine l'avait acculé auparavant, ce sentiment d'être envahi par l'ennemi, d'être prisonnier de ce corps de Loup, d'être attiré sadiquement par le goût et l'odeur du sang, d'être seul, contraint d'être seul.

Comme le jet d'une lance à incendie, ininterrompu, le flot de paroles de son ancien ami se poursuivi, vidant son bagage de frustration comme si Andras représentait un incendie tenace et douloureux. Car c'était bien la douleur et le doute que le vieux loup pouvait lire sur le visage de Nohlan. Jusqu'à ses dernières paroles, qui ravivèrent l'incendie avec la même douleur. Andras passa de la neutralité vers une certaine tristesse en imprégnant sa dernière phrase comme un lourd écho dans une grotte profonde et sinistre.
"Et est-ce que tu pourrais te le pardonner s’il lui arrivait quelque chose ?"

Alors que son semblable tourner en rond dans la pièce, lui fit un pas de recul, les yeux prit par l'humidité. Il suffit souvent d'un détail pour accéder à sa mémoire, à des souvenirs enfouie dans cette cavité obscure dans laquelle on ne veut plus entrer. Carys.. Il n'avait jamais songé au pardon, n'avait jamais voulu considérer cet acte comme le sien mais comme celui de la bête. Revivre cette horreur le bouleverserait et il avait ainsi choisi de s'exiler. Nohlan ignorait bien des choses à son propos mais leurs sentiments étaient bien plus proches que n'importe quoi.

"Non... "

Avec toute sa sincérité, il répondu à cette question, puis ferma les yeux, laissant alors échapper une larme qu'il laissa couler sur sa joue..

" ...on ne se pardonne pas pour ce qu'on fait, on continue de vivre... je ne pourrait jamais dire que notre condition est une bénédiction mais maintenant que cela fait partie de nous, il ne reste plus qu'a l'accepter et de dominer la bête.. Si l'on s'obstine à vouloir tuer une partie de nous, on se détruit en même temps... malgré toute la rage que tu as tu peut me croire sur ce point-là..."

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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Dim 14 Fév - 2:08


En proie à ses propres émotions le jeune loup oublié la présence de l’autre homme dans la pièce et il se fondit totalement dans ses souvenirs. Il avait occulté une partie des événements de cette sombre soirée, ne lui revenait que des brides et des images fugitives mais il ne pouvait se tromper quant à son déroulement. Négligeant aurait été le mot. Mais pouvait-il vraiment s’appliquer dans son cas ? Aurait-il pu aller voir la famille de ses deux victimes en arguant cette excuse pour s’attirer pitié et pardon ? Il savait bien que non. Parce qu’au plus profond de lui il y avait une force impérieuse qui ne lui laissait pas de répit et qui se délectait de ce qu’il avait fait. Cette part sombre de lui il avait essayé de l’étouffer, sans réel succès, puis maintenant il cherchait à l’ignorer de son mieux. Mais il n’y parvenait pas davantage. Il avait l’impression que cette course poursuite était perdue d’avance. Comment aurait-il pu lutter contre quelque chose qui le définissait ?

Brusquement la voix d’Andras le tira de ses réflexions et il se reprocha de se laisser trop facilement aller alors qu’il était là. Il avait beau lutter, Andras était de ces personnes avec lesquelles on se sent immédiatement à l’aise. Naturellement il s’était créé un lien d’entente entre les deux hommes que seul le caractère obtus de Nohlan avait brisé. Il ne voulait pas se l’avouer mais il était jaloux de la belle assurance dont faisait preuve son aîné. Comment arrivait-il à se persuader qu’il était dans son droit ? Qu’il pouvait se regarder dans un miroir sans en éprouver de la honte ? Qu’il restait quelque chose d’humain en lui ?

Le visage de Nohlan se décomposa en un rictus mauvais. La souffrance d’Andras trouvait un écho douloureux chez lui et ses paroles étaient trop séduisantes pour qu’il puisse y accorder un quelconque crédit. En quoi accepter le monstre qu’il était lui rendrait les choses plus simples ? Il resterait une bête quoi qu’il arrive, soumis à chaque pleine lune à a volonté sauvage d’un être qui ne réclamait que violence et sang.

« Plutôt crever ! » éructa-t-il hors de lui. « Plutôt crever que d’accepter d’être le pantin de cette chose ! Tu arrives peut-être à te regarder dans un miroir mais crois moi tu n’es rien d’autre qu’un chien et tu le resteras. » Son visage avait viré au pourpre. Devenu masque de colère, son regard flamboyait de toute la rage qu’il avait contenue pendant huit années. Andras venait d’ouvrir les vannes de son cœur et tout ce qu’il avait toujours tut, même à ses meilleurs amis, trouvait enfin un moyen de s’exprimer. Les mots pansaient ses plaies à vif. Cela lui faisait du bien de pouvoir crier à la face du monde ce qu’il avait fait, ce qu’il était et par la même occasion d’alléger un peu le fardeau qui pesait sur ses épaules. En admettant ses fautes c’était comme s’il s’en débarrassait. Mais l’illusion ne fit que provisoire. Les mots écorchèrent ses lèvres comme autant de poignards affutés et vinrent directement se ficher dans son cœur.

« Je ne serais jamais la moitié d’un homme ! » Les veines de son cou ressortaient avec violence, trahissant le combat qu’il livrait avec son propre esprit. Peu importe si les mots blessaient aussi son ami, il avait juste besoin de se débarrasser du fiel qui l’étouffait.

« Sors d’ici maintenant tu ne m’es d’aucune utilité ! »
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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Mar 16 Fév - 18:34

N'y a t-il que de la haine et de la rage ? N'y a t-il vraiment pas d'échappatoire ? Y a t-il seulement une raison dans tout ça qui nous est bénéfique ? Non... Non et non... Leur condition demeure la plus grande des fatalités, au delà même de la mort, comme si leurs âmes étaient attachées à un poteau de bois, comme le visage pâle qui regarde les indiens et le loup dansaient autour de leur trophée de guerre. Les liens sont serrés au point où vous souffrez à chaque minutes, chaque secondes, chaque envie de bouger se transforme en tortures. Se faire mordre et ne pas mourir est pire que trépasser, ne plus contrôler son propre corps est au delà du supportable, tout loups est passé par là et chaque cicatrices vous rappelle cette douleur. Comment ne pas être enragé contre ce mal en nous ?

Andras reprit sur soi, ouvra les yeux, mais ne regarda pas Nohlan. Le vieux loup savait que son ami et lui se comprenaient très bien, mais il semblait constamment détruire et construire un mur entre eux, mur qu'Andras ne pouvait détruire. Lui ne pouvait que provoquer le constructeur et attendre qu'il arrête de remettre les briques qu'il venait de faire sauter. L'expression du loup garda sa tristesse tandis qu'il écoutait soigneusement les gravats de peine et de colère que lui lançait violemment Nohlan.
Il n'évita aucuns d'eux, les encaissa comme s'il était pour lui, alors que ses gravats étaient destinés au lanceur. Il était déjà ébranlé par la vie au quotidien, et cette rage pressurisée n'était qu'un vent violent de plus. Seuls nos souvenirs et les balles d'un fusil peuvent réellement nous blesser et bien que chaque mots soient familiers, sa peine demeurait la même depuis des années.


« Sors d’ici maintenant tu ne m’es d’aucune utilité ! »

Ses mots entretenurent une réaction plus poussée de sa part, et il se retourna pour faire face à cet être habité par toute la peine qu'un homme peut contenir auquel il allait confronté sa propre douleur.

" C'est vrai... pourquoi je reste ici à t'écouter, à gâcher mon temps avec un jeune con borné comme toi.... Si je n'étais réellement qu'un chien, je t'aurai déchiqueter depuis longtemps pour m'avoir parlé avec ce ton.. Si tu est si fier d'être un homme, n'attends pas d'avoir mon âge pour te poser des questions parce que peu à peu c'est le loup qui va l'emporter et tu ne seras même plus conscient d'être le monstre que tu ne eut pas être.. Si je ne m'étais pas pointé ici, tu ne te serait jamais débarrasser de toute cette rage.. ou du moins sans faire de victimes... à moins que se soit déjà fait, hein ? ....."

Il se rapprocha de Nohlan, remplaçant son air triste par un air de plus en plus menaçant..

" Tu te rappelle surement du goût de leur chaires, de leur odeurs, de leurs visages, non ?! non ?! ...8 ans après ma transformation, j'étais exactement comme toi, désorienté, tellement en colère que le moindre détail pouvait m'emporter, j'avais peur de ce qu'il y avait en moi,...puis je m'en suis prit aux autres, j'ai tué... je n'ai pas peur de le dire, j'ai tué, et le moindre détail de leurs visages me hanteront à jamais... et puis j'ai juste mordu..."


Peu importe le prix, Andras s'était mit à essayer férocement de briser ce mur, avançant encore et encore en pointant son doigt sur le torse de Nohlan comme pour inverser la tendance avec un air tristement dramatique..

" ... Et ouais, j'ai mordu.. une pauvre fille... à peine adulte... c'était bien plus qu'un visage, c'est une personne en entier qui me hante encore... et je me souvient chaque jour du regard de haine qu'elle m'a portée quand je lui est dit que j'avais tué ses amis et qu'elle faisait désormais partie des nôtres !.. Tu ne me connais pas Nohlan... Tu ne sais pas ce que j'ai vécu et tu oses me dire que je ne suis d'aucune utilité ?! "

Il frappa violemment du poing sur le meuble à sa portée..

" Tu as à peine la moitié de mon expérience et tu n'est absolument rien ! Tu n'as encore rien vécu et tu te plaint comme une fillette ! Qu'est-ce qui te hante vraiment hein ? Tu as tué des gens, mordu quelqu'un ? Combien ?!... COMBIEN ?! Combien de gens tu as perdus à cause du loup ?! Tu sais.. j'ai beau avoir mal pour chacune des victimes que j'ai faites.. il n'y en a que deux, deux qui me donne envie de connaitre le même sort... ma femme et mon enfant...Voila ce que j'ai perdu !! "

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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Dim 7 Mar - 17:50



Son souffle n’était plus qu’une brûlure dans son torse. Il crevait ses poumons et étouffait les larmes qui auraient débordées de ses yeux avec tant de facilité si rancune, haine et fierté ne l’avait pas maintenu sur ses deux jambes. Andras, avec son effronterie, avait réveillée une souffrance dont il n’avait que peu mesuré la force. Jamais il ne se serait cru en proie à de telles émotions, comme s’il n’avait pas conscience que son corps puisse être habité de tels sentiments. S’il était honnête, il devait bien avouer qu’il assistait à la scène à la manière d’un étranger. L’homme qui déversait toute sa rage sur le vieux loup n’avait rien de commun avec celui qu’il avait toujours été. Même son visage lui était méconnaissable, avec ses traits tirés par la colère. Il y avait bien quelque chose qui le possédait et lui volait sa vie mais n’était-ce pas lui-même qui se voilait la face ? Ne se faisait-il pas plus de mal que de bien en refusant d’affronter la réalité en face ?

Le souffle chaud d’Andras lui caressa le visage et comme les propos de l’homme il fut une gifle pour Gallagher. Ses fautes étaient-elles évidentes au point qu’elle se lise sur sa figure ? Nohlan avait tellement cherché à cacher ses fautes qu’il avait presque réussit à se persuader qu’il n’avait rien fait. Presque. Les souvenirs avaient refaits surface avec la force d’une mer déchaînée par la tempête, se heurtant aux parois de son esprit avec tant de violence qu’il en avait la nausée. S’il se souvenait de cette nuit là ? Trop bien. Andras faisait écho à son propre passé avec une telle précision que Nohlan crut un instant que la véritable malédiction qui les pourchassaient n’était pas celle de perdre l’usage de leurs corps mais bel et bien de devenir des meurtriers. Il ne pouvait pas le cacher, le sang avait le goût du miel et les cris étaient la plus pure des symphonies.

Nohlan sursauta quand le poing d’Andras s’abattit sur le meuble, et son regard se perdit dans les rainures de bois qu’il percevait avec une acuité dérangeante. Rien de ce qu’était le loup ne pouvait lui échapper. De là où il se trouvait il sentait le chagrin suinter de la peau de l’homme, laissant flotter dans l’air une odeur plus âcre que la transpiration. Il n’y avait plus qu’une âme qui saignait, celle de deux hommes à qui le destin avait attaché le même poids. Sous cette charge les jambes du jeune loup ployèrent, incapable de supporter culpabilité et révélations. Il savait que jamais il ne pourrait s’enlever de la tête l’image d’Andras, maculé du sang de sa famille. Il venait d’accepter une partie de ce qui faisait d’Andras l’homme qu’il était aujourd’hui. Ce qu’il avait à donner en retour lui laisserait-il la possibilité d’en être un en retour ?

« Quand je me suis rendu compte de ce que j’avais fais c’était trop tard. J’ai enterré les corps dans les bois mais la terre est restée sous mes ongles pendant des semaines. Mais le pire ce n’est pas que je les aie tuées Andras. C’est que j’en ai apprécié chaque minute. Chaque fois le loup en réclame d’avantage. Alors quel choix me reste-t-il que celui de me cacher hein ? »

« Je suis seulement trop lâche… Trop lâche pour mettre fin à tout ça. Pourtant je suis déjà mort. Je sais que je suis mort cette nuit là. »
Des larmes trop longtemps contenues ruisselèrent d’un coup sur ses joues broussailleuses. « Comment peux-tu encore tenir dis moi ? Comment est-ce que tu résistes à tout ça ? »
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MessageSujet: Re: Standing in a Storm ¤ NOHLAN   Jeu 11 Mar - 1:14

Le mur s'était brisé et c'est sans aucunes retenue qu'Andras laissait finalement naviguer des perles de larmes salées sur ses joues. Face à cet emportement, n'importe qui auraient pu croire à de la colère et de la haine, surement.. mais il y avait aussi de la rancœur, des regrets, et par dessus tout de la peine. Une douleur sans adjectif assez puissant pour la définir, une douleur qu'il avait isolé jusque là mais qu'il ne pouvait vaincre. Un sentiment blessant qui frappe son cœur et son âme avec toute la violence du monde. Il fit volte-face, par un futile déni, il ne voulait pas faire face à Nohlan, il ne voulait pas lui montrer cette faiblesse, même si les sanglots qu'il émettait le trahirent de toute façon.
Ces souvenirs enfouis martelèrent sa tête comme des pierres, le visage de Carys, taché de son sang rugueux, ses yeux fixes et ouverts, ce corps froid et rouge, tout ce sang.. L'hyperventilation le prit alors et le força à s'asseoir à nouveau dans ce fauteuil. S'il ne cachait pas son visage dans ses fortes mains tremblantes, Nohlan aurait aussi pu y voir de la panique. Ces images... si nettes...si marquées.. elle étaient comme des poignards qui venait le transpercer, le faire souffrir dans cette torture insupportable.
Reprenant petit à petit une respiration plus normale, les larmes finirent par stopper leur flux tout en gardant ses yeux humides, mais la douleur ne s'estompa pourtant pas aussi facilement.

Il écouta malgré tout les paroles de Nohlan. Il avait aussi fait face à la mort et toutes ses conséquences, ses ressentis. L'instinct du loup demeurait alors le plus fort et faisait courir sa plus grande force, celle de vous confondre avec lui, de vous lier à ses pulsions comme si elles étaient les votre. Il lui posa alors une question a laquelle Andras n'avait jamais réellement cherché de réponse. Pourquoi tenait-il le coup, pourquoi continuait-il à vivre alors que sa plus majestueuse raison de vivre s'était éteinte par sa faute. Pourquoi face à son erreur, il n'avait pas pu la suivre machinalement, pourquoi à ce moment-là l'instinct de survie du loup s'était mêler à son chagrin ? Savait-il au moins la réponse à ces questions..

Le vieux loup releva la tête sans vraiment regarder son interlocuteur et prit alors la parole d'une voix encore affaibli par la douleur de ses souvenirs..


" Cela fait beaucoup trop d'années que je me pose cette question Nohlan.... et je n'ai même pas de réponses concrètes.. En toute... franchise... les mois qui ont suivis la.... ...ma vie ne comptait plus et je l'ai laissé s'emparer de moi.. Je ne me souviens même pas du nombre de personnes que j'ai blessés ou tués durant cette période.. mais je me rappelle de cette odeur... l'odeur de la mort.. et toute la haine que j'avais pour ce loup... je ne sais pas trop... je m'en suis servi pour le dominer.. petit à petit.. Je suis parfois devenu pire que lui.. pour le comprendre... puis pour le dominer.. jusqu'à en faire mon allié et non mon ennemi.. J'ai mit plus de 15 ans à le contrôler Nohlan.. dans des conditions que tu ne pourrais même pas imaginer.. Tout ce temps... ma raison de vivre était de dominer la bête, et même si aujourd'hui je suis en paix avec elle, je ne pourrait jamais la pardonner pour ce qu'elle m'a poussé à faire pour en arriver là.. "

Son regard resta dans la vague alors qu'il venait de soulever de nouvelles questions.. Combien de temps cela allait-il encore durer.. Qu'est-ce qui l'empêche aujourd'hui de renoncer à la vie.. Pourquoi après tout ce temps, il demeurait à la fois équilibré et instable.. L'humidité de ses yeux embua à nouveau sa vision..

" J'ai perdu 17 ans de ma vie à cause de cette saloperie... Aujourd'hui je devrais vivre avec une famille, je devrais être marié et père.. Je suis née en 1964 Nohlan, fait le calcul.. Je ne devrais même pas avoir cette tête.."

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